Les antioxydants

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Les antioxydants : comprendre leur rôle et soutenir naturellement nos défenses

 

On entend beaucoup parler des antioxydants. Vitamine C, vitamine E, polyphénols, caroténoïdes, glutathion… Ils sont souvent présentés comme des molécules capables de « lutter contre les radicaux libres » et de protéger notre organisme du vieillissement. Mais cette vision mérite d’être nuancée. Les radicaux libres ne sont pas simplement des molécules indésirables qu’il faudrait chercher à éliminer. Ils font partie du fonctionnement normal de notre organisme et participent même à certains mécanismes essentiels.

L’enjeu n’est donc pas de supprimer l’oxydation, mais de préserver un équilibre entre la production d’espèces réactives et les capacités antioxydantes de notre organisme.

Alors, qu’est-ce que le stress oxydatif ? Quel est réellement le rôle des antioxydants ? Et comment pouvons-nous soutenir cet équilibre au quotidien ?

 

L’oxydation : un phénomène naturel dans notre organisme

 

Notre organisme est en permanence le siège de réactions chimiques nécessaires à son fonctionnement.

Lorsque nos cellules produisent de l’énergie, lorsqu’elles répondent à une infection, lorsque nous faisons de l’exercice ou simplement lorsque notre métabolisme fonctionne, elles produisent notamment des espèces réactives de l’oxygène.

Parmi elles, certaines sont des radicaux libres.

Ces molécules sont particulièrement réactives. Elles peuvent interagir avec les différentes structures présentes autour d’elles.

Cela pourrait sembler inquiétant. Pourtant, leur présence est parfaitement physiologique.

Notre organisme possède d’ailleurs des systèmes capables de contrôler leur production et de les neutraliser lorsque cela est nécessaire.

C’est cet équilibre qui est important.

 

Les radicaux libres ne sont pas toujours nos ennemis

 

Pendant longtemps, le discours autour des antioxydants a été assez simple : les radicaux libres seraient néfastes et les antioxydants permettraient de les combattre.

La réalité est plus subtile.

En quantité adaptée, les espèces réactives participent notamment :

  • à la communication entre les cellules ;
  • à certaines réponses immunitaires ;
  • à différents mécanismes d’adaptation cellulaire ;
  • à l’adaptation de l’organisme à l’activité physique.

Lors d’un effort, par exemple, l’augmentation transitoire de certaines espèces réactives participe aux signaux permettant à l’organisme de s’adapter à l’exercice.

Nous n’avons donc pas intérêt à chercher à neutraliser systématiquement tous les radicaux libres.

C’est lorsque leur production devient trop importante par rapport aux capacités de défense de l’organisme que l’équilibre peut se rompre.

 

Quand l’équilibre se rompt : le stress oxydatif

 

Notre organisme dispose naturellement de mécanismes permettant de maintenir un équilibre entre la production d’espèces oxydantes et les systèmes chargés de les contrôler.

Lorsque la production de ces espèces réactives dépasse durablement les capacités antioxydantes de l’organisme, on parle de stress oxydatif.

S’il persiste, ce déséquilibre peut entraîner des altérations de différents constituants cellulaires, notamment :

  • les lipides présents dans les membranes cellulaires ;
  • certaines protéines ;
  • l’ADN.

Le stress oxydatif est ainsi impliqué dans les processus de vieillissement cellulaire et peut participer aux mécanismes associés à de nombreuses maladies chroniques.

Il est néanmoins important de garder une nuance : la présence de radicaux libres ne signifie pas, à elle seule, qu’un organisme est en situation de stress oxydatif.

C’est bien la notion de déséquilibre qui compte.

 

Qu’est-ce qui peut favoriser le stress oxydatif ?

 

De nombreux éléments de notre environnement et de notre mode de vie peuvent augmenter la production d’espèces réactives.

C’est notamment le cas de l’exposition excessive aux UV, du tabac, de certains polluants, d’une consommation importante d’alcool ou encore de certains déséquilibres alimentaires.

L’inflammation chronique et certaines infections peuvent également augmenter la production d’espèces réactives.

Notre rythme de vie intervient lui aussi. Un stress chronique, un sommeil insuffisant ou un manque de récupération peuvent contribuer à fragiliser cet équilibre.

Même l’activité physique mérite d’être nuancée.

Une activité physique régulière et adaptée est favorable à nos systèmes de défense, tandis qu’un entraînement très intense associé à une récupération insuffisante peut augmenter transitoirement le stress oxydatif.

Une fois encore, il ne s’agit donc pas d’éviter toute source d’oxydation, ce qui serait d’ailleurs impossible, mais de permettre à l’organisme de conserver ses capacités d’adaptation.

 

Alors, à quoi servent réellement les antioxydants ?

 

Les antioxydants participent aux systèmes de défense permettant à notre organisme de contrôler les réactions d’oxydation.

Selon leur nature et leur mode d’action, ils peuvent notamment contribuer à :

  • neutraliser certaines espèces réactives ;
  • interrompre ou limiter certaines réactions d’oxydation ;
  • protéger les constituants de nos cellules ;
  • participer au maintien de l’équilibre oxydatif.

Ils fonctionnent surtout au sein d’un véritable réseau antioxydant, dans lequel différentes molécules et enzymes agissent de manière complémentaire.

C’est pourquoi il est assez réducteur de chercher « l’antioxydant le plus puissant ».

Le fonctionnement de l’organisme repose davantage sur la coopération entre différents systèmes que sur l’action isolée d’une seule molécule.

Notre organisme fabrique ses propres défenses antioxydantes

C’est probablement l’un des aspects les moins connus lorsque l’on parle d’antioxydants.

Nos défenses antioxydantes ne proviennent pas uniquement de notre alimentation.

Notre organisme possède ses propres systèmes de protection.

Parmi les principaux acteurs, nous retrouvons notamment :

  • Le glutathion, une molécule présente dans nos cellules qui occupe une place centrale dans de nombreux mécanismes de protection cellulaire.
  • La superoxyde dismutase (SOD), une famille d’enzymes participant à la transformation de certaines espèces réactives.
  • La catalase, qui intervient notamment dans la dégradation du peroxyde d’hydrogène.
  • La glutathion peroxydase, qui participe elle aussi à la neutralisation de certains peroxydes.

Le fonctionnement de ces systèmes dépend de nombreux éléments. Certains micronutriments comme le sélénium, le zinc, le cuivre ou le manganèse interviennent notamment comme cofacteurs de différentes enzymes antioxydantes.

L’alimentation ne vient donc pas simplement nous apporter « des antioxydants ».

Elle fournit également à notre organisme certains des nutriments dont il a besoin pour faire fonctionner ses propres systèmes de défense.

 

L’alimentation : soutenir plutôt que chercher le « superaliment »

 

Notre alimentation nous apporte également de nombreux composés possédant des propriétés antioxydantes.

Parmi les plus connus figurent la vitamine C, présente notamment dans les fruits rouges, le kiwi, les agrumes ou les poivrons, et la vitamine E, que l’on retrouve entre autres dans les huiles végétales, les noix et les graines.

Les végétaux nous apportent également une grande diversité de caroténoïdes. Le bêta-carotène des carottes, le lycopène de la tomate ou encore les caroténoïdes présents dans de nombreux légumes verts en sont quelques exemples.

Enfin, les polyphénols constituent une immense famille de composés végétaux que l’on retrouve dans les fruits rouges, le raisin, le cacao, le thé, certaines épices et de très nombreux végétaux.

Plutôt que de chercher à consommer chaque jour un aliment présenté comme exceptionnellement antioxydant, nous pouvons donc revenir à un principe beaucoup plus simple :

varier les végétaux et les couleurs dans notre assiette.

Rouge, violet, orange, jaune, vert…

Cette diversité permet d’apporter des familles de composés différentes, qui ne possèdent pas toutes les mêmes propriétés.

En matière d’alimentation, la diversité est probablement plus intéressante que la recherche permanente du « superaliment ».

 

Plus d’antioxydants ne signifie pas toujours « mieux »

 

C’est un point particulièrement important.

Si le stress oxydatif peut être délétère lorsqu’il devient excessif, cela ne signifie pas que nous avons intérêt à consommer autant d’antioxydants que possible.

Nous l’avons vu : les espèces réactives jouent également des rôles physiologiques.

Chercher à les neutraliser en permanence n’est donc pas souhaitable.

Cette distinction est particulièrement importante lorsqu’il est question de compléments alimentaires.

Les doses apportées par une supplémentation peuvent être très différentes de celles rencontrées dans une alimentation variée, et des doses élevées de certains antioxydants ne sont pas systématiquement bénéfiques. Certaines supplémentations peuvent également être inadaptées selon le contexte, les traitements suivis ou les besoins de la personne.

L’alimentation constitue donc la première base. La supplémentation, lorsqu’elle est envisagée, gagne à répondre à un besoin identifié plutôt qu’à l’idée que « plus d’antioxydants = plus de protection ».

 

Comment soutenir son équilibre antioxydant au quotidien ?

 

Finalement, soutenir nos défenses antioxydantes ne repose pas uniquement sur ce que nous mettons dans notre assiette.

Notre hygiène de vie dans son ensemble participe à cet équilibre.

Nous pouvons notamment veiller à avoir une alimentation végétale variée et colorée, pratiquer une activité physique régulière et adaptée à nos capacités, préserver un sommeil suffisant et des temps de récupération, limiter le tabac et l’alcool, protéger notre peau d’une exposition excessive aux UV et réduire, autant que possible, notre exposition aux polluants.

Il ne s’agit évidemment pas de chercher à contrôler chacune de nos expositions ni d’atteindre une hygiène de vie parfaite.

Notre organisme est justement conçu pour s’adapter en permanence aux variations de son environnement.

L’objectif est davantage de lui offrir les conditions lui permettant de conserver cette capacité d’adaptation.

 

Retrouver une notion d’équilibre

 

Parler d’antioxydants nous ramène finalement à une notion fondamentale en physiologie : l’équilibre.

Les radicaux libres ne sont pas simplement nos ennemis. Les antioxydants ne sont pas non plus des molécules qu’il faudrait accumuler pour nous protéger.

Les uns comme les autres participent à un système dynamique dans lequel notre organisme ajuste continuellement ses réponses.

Avant de chercher à ajouter des compléments, nous pouvons donc commencer par nous demander :

Mon alimentation est-elle suffisamment variée ?

Mon organisme dispose-t-il de temps de récupération ?

Mon activité physique est-elle adaptée à mes capacités actuelles ?

Quels facteurs de mon quotidien pourraient augmenter inutilement la charge oxydative ?

Et surtout, ai-je réellement besoin d’une supplémentation ou est-ce mon hygiène de vie qui mérite d’abord d’être soutenue ?

 

L’équilibre antioxydant ne se construit pas autour d’une molécule miracle.

Il se construit avant tout, jour après jour, à travers la diversité de notre alimentation et l’ensemble de notre hygiène de vie.

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